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Perte d’actif successoral : comment agir en cas de spoliation d’héritage ?

Publié le : 27/05/2026 27 mai mai 05 2026

La découverte d’une diminution inexpliquée de l’actif successoral, de la disparition de biens ou d’une modification suspecte de testament place immédiatement les héritiers face à un risque concret de perte patrimoniale. Ces situations peuvent révéler une spoliation d’héritage, c’est-à-dire un détournement frauduleux de tout ou partie de la succession au détriment des ayants droit. L’identification rapide des manœuvres et la mise en œuvre des actions appropriées conditionnent alors la préservation des droits successoraux.

Comment caractériser juridiquement une spoliation d’héritage ?

La spoliation recouvre des pratiques variées telles que la captation, le recel successoral, l’abus de faiblesse ou encore le détournement de biens. Elle intervient fréquemment dans un contexte de vulnérabilité du défunt, exploité par un proche, un aidant ou un membre de la famille. Les faits peuvent consister en des retraits bancaires effectués au moyen d’une procuration, en la soustraction de bijoux ou d’œuvres d’art, ou encore en la modification d’un testament ou d’une clause bénéficiaire d’assurance-vie au profit d’un tiers. L’enjeu est alors d’établir l’existence de manœuvres frauduleuses ayant altéré le consentement ou rompu l’égalité entre héritiers. Sur le terrain civil, l’action en nullité pour dol, au sens de l’article 1137 du Code civil, permet de sanctionner les manœuvres ou mensonges ayant déterminé le consentement. Si le dol est retenu, l’acte peut être annulé. L’article 901 du Code civil prévoit également la nullité des libéralités consenties sous l’empire d’un trouble mental, du dol ou de la violence.

Quelles sanctions et quelles voies d’action en cas de recel ou d’abus de faiblesse ?

Lorsque l’un des héritiers dissimule ou détourne un bien afin d’altérer le partage, le recel successoral trouve à s’appliquer. L’article 778 du Code civil organise une sanction spécifique : restitution des biens, dommages-intérêts et privation de tout droit sur les biens recelés. L’héritier receleur est en outre réputé avoir accepté purement et simplement la succession, même si elle s’avère déficitaire. Dans les situations les plus graves, une plainte peut être déposée pour abus de faiblesse sur le fondement de l’article 223-15-2 du Code pénal. Ce délit réprime l’exploitation de la vulnérabilité d’une personne afin de la conduire à un acte contraire à ses intérêts et est passible de trois ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La gestion d’une spoliation successorale suppose des investigations approfondies et une stratégie contentieuse adaptée afin de préserver les preuves et de rétablir les droits des héritiers dans le cadre du règlement de la succession.

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