Article 953 et arrêt du 17 septembre 2026 : motifs et délais de révocation d’une donation
Droit des libéralités. En principe, une donation est irrévocable : le donateur ne peut reprendre à sa convenance le bien transmis. Le Code civil admet néanmoins plusieurs causes de révocation, soumises à des conditions strictes et à des délais déterminés.
Dans quels cas l’article 953 du Code civil autorise-t-il la révocation d’une donation ?
L’article 953 du Code civil prévoit trois motifs de révocation d’une donation.
La révocation peut d’abord sanctionner l’inexécution des charges imposées au donataire. Ces obligations peuvent consister à verser une rente, entretenir le donateur, effectuer des travaux ou conserver le bien donné. Le manquement doit être suffisamment grave au regard des engagements inscrits dans l’acte.
L’ingratitude du donataire constitue également une cause de révocation lorsqu’il a attenté à la vie du donateur, commis à son encontre des sévices, des délits ou des injures graves, ou refusé de lui fournir des aliments.
Enfin, la naissance ou l’adoption d’un enfant peut permettre la révocation si le donateur ne possédait aucun enfant ni descendant lors de la donation et si l’acte avait expressément prévu cette faculté.
Un conflit familial ordinaire ou la seule volonté du donateur de revenir sur sa décision ne permet donc pas d’anéantir la donation.
Dans quels délais l’action en révocation doit-elle être exercée ?
Le délai de prescription varie selon le fondement retenu.
En cas d’inexécution d’une charge, l’action se prescrit par cinq ans à compter du jour où le donateur, ou ses héritiers, a connu ou aurait dû connaître le manquement.
Pour ingratitude, l’action doit être introduite dans l’année suivant le délit ou, à défaut, sa découverte par le donateur, conformément à l’article 957 du Code civil.
Lorsque la révocation est fondée sur la survenance d’un enfant, le donateur bénéficie d’un délai de cinq ans à compter de la naissance ou de l’adoption du dernier enfant. Lui seul peut agir.
Que précise l’arrêt de la Cour de cassation du 17 septembre 2026 ?
Par un arrêt du 17 septembre 2026, la Cour de cassation qualifie l’action en révocation pour inexécution d’une charge d’action personnelle, soumise à la prescription quinquennale.
Cette qualification demeure applicable lorsque la donation porte sur un immeuble et que la charge concerne de grosses réparations. Le délai de trente ans propre aux actions réelles immobilières ne peut dès lors être invoqué.
Au regard de ces délais, l’acte de donation, la nature du manquement et les preuves disponibles doivent être analysés rapidement. L’avocat peut vérifier si les conditions de la révocation sont satisfaites et saisir la juridiction compétente.
Historique
-
Reconnaître un divorce étranger en France malgré des conditions d’accès différentes selon le sexe
Publié le : 07/10/2026 07 octobre oct. 10 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionLa différence de traitement entre époux dans l’accès au divorce ne fait pas systématiquement obstacle à l’efficacité en France d’un jugement prononcé à l’étranger. La Cour de ca...
-
Article 953 et arrêt du 17 septembre 2026 : motifs et délais de révocation d’une donation
Publié le : 23/09/2026 23 septembre sept. 09 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionDroit des libéralités. En principe, une donation est irrévocable : le donateur ne peut reprendre à sa convenance le bien transmis. Le Code civil admet néanmoins plusieurs causes...
-
Assurance-vie et succession : les situations permettant aux héritiers d’agir en justice
Publié le : 09/09/2026 09 septembre sept. 09 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionL’assurance-vie occupe une place privilégiée dans la transmission patrimoniale. En principe, les capitaux versés au bénéficiaire désigné demeurent hors succession, permettant ai...
-
Comment le juge départage-t-il les héritiers qui demandent les mêmes terres agricoles ?
Publié le : 26/08/2026 26 août août 08 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionDans une succession agricole, le partage peut conduire un héritier copropriétaire à solliciter certains biens professionnels afin de poursuivre leur exploitation. Ce mécanisme d...
-
Loi fiscale sur les donations : transmettre son patrimoine lorsqu’on est célibataire et sans enfant
Publié le : 12/08/2026 12 août août 08 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionAider financièrement ses proches tout en conservant des ressources suffisantes pour l’avenir constitue un enjeu concret pour une personne célibataire et sans enfant. Ses héritie...
-
Indivision successorale : organiser la gestion du bien et sortir d’une situation de blocage
Publié le : 29/07/2026 29 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit du patrimoine et successionLa transmission d’un patrimoine immobilier à la suite d’un décès conduit fréquemment les héritiers à devenir propriétaires ensemble d’un même bien. Cette situation d’indivision...